Tu viens sur les quais, les quais du fleuve qui porte ce nom fabuleux, le nom du plus grand sentiment du monde – L’Amour. Les amoureux sur les quais sont comme des ailes de papillon pliées ensemble. Tu t’assieds sur le banc où quelqu'un avait écrit qu’il « était ici et qu’il aimait Marie… » Tu lèves ta tête et voies La Chine. Ça fait très bizarre de voir un autre pays, une autre civilisation presque à deux pas de toi. Des gens qui y vivent, d’autres lois, d’autres noms, qui appellent ce fleuve autrement, ils voient aussi cette Nuit. Ça n’arrive qu’à Blago.

Soudain tu entends les pas survenus du silence, ils s’approchent de toi. C’est un homme. Il y a quelques vies, que tu ne t’en étais pas aperçu. Tu comprends que c’est Lui. Ici les noms ne sont pas nécessaires, parce que Toi c’est Toi, Lui c’est Lui.  Tu pourrais le rencontrer seulement cette Nuit… Seulement cette Nuit à Blago, sur les quais du fleuve enchanté, tu te diriges vers Lui et l’embrasses. A ce moment tu sens comme le temps dessine ta vie, dessine l’éternité. Ce seul moment est miraculeux : la Nuit, Toi, Lui, les Amoureux, la Lune, tout ça réuni en un Essentiel…

Demain sera un nouveau jour, une nouvelle rosée, tu te réveilleras autre,  mais cette Nuit à Blago - tu ne l’oublieras jamais… »

par Oleg Poustovalov, étuidiant en 2ième année

“Le jour c’est la vie des êtres,mais la nuit c’est la vie des choses”

Alphonse Daudet

Blagovechtchensk. Le jour. La rue Lénine. Les foules immenses se dépèchent. Les voitures passent avec une grande vitesse. Un remue-ménage.La nuit tombe sur la ville. Le calme. La silence. La lumière des réverbères pénètre dans l’ombre des cours. Le noir de la ville reprend son pouvoir. La nuit fait vivre des choses qui dormaient le jour. Désormais l’Univesité n’est plus un grand temple de connaissance. La nuit elle ressemble à un bogatyr de conte, il est fort, gigantesque. Il nous regarde de sa hauteur, le sage ancien. Il ne fait pas peur, ce vieillard est bon. 

Près de l’Univesité la place centrale de la ville se repose. Le jour elle est comme une maîtresse généreuse, elle accueille ses visiteurs, le jour de fête elle met ses meilleures robes. Elle se fatigue vite, c’est pourquoi elle a besoin d’un  repos.

Notre ville n’est jamais seule et si un malheur vient et que toutes les flammes de notre ville s’éteignent, notre voisine étrangère de l’autre rive du fleuve d’Amour partage avec nous sa joie, la joie de la ville qui veille toutes les nuits. La lumière de la Lune se noie en suivant son cours en se reflétant sur les eaux de l’Amour pour apparaître la nuit prochaine.